Samedi

…le travail peut imprimer sa marque sur chaque heure; c’est une sorte de marée, de cycle lunaire auquel obéit leur existence, et sans lui, semble-t-il il n’y a rien, Henry et Rosalind Perowne ne sont rien.

…la poursuite d’une utopie conduit à autoriser tous les excès, tous les actes barbares pouvant hâter sa réalisation. si tout le monde est sûr de connaître un jour le bonheur éternel, quel mal y-a-t-il à massacrer aujourd’hui un ou deux millions d’individus.

Quand on se focalise sur les grands problèmes, la situation politique, le réchauffement de la planète, la pauvreté dans le monde, tout paraît vraiment épouvantable, sans aucune amélioration en vue, aucun espoir auquel se raccrocher. Alors que si je change d’échelle, que je pense aux petites chose de la vie – comme la fille que je viens de rencontrer, la chanson que je prépare avec Chas ou la perspective de faire du snowboard le mois prochain, tout s’éclaircit. Telle sera donc ma devise: « Voir les choses en petit ».

Pourtant, même les despotes, même les dieux antiques ne réusssissaient pas toujours à créer un monde à leur convenance. Il n’y a pas que les enfants, les nourrissons en fait, pour qui la satisfaction immédiate de leurs désirs soient une réalité; voilà sans doute pourquoi les tyrans ont quelque chose de puéril. Ils tentent de retrouver un état qu’ils ne connaîtront plus jamais. quand ils sont frustrés dans leurs attentes, la grosse colère tournant au massacre n’est jamais bien loin.

…le premier réflexe d’un menteur habituel est de se persuader qu’il es t sincère. Et dès lorsqu’il est sincère, il n’y a plus de tromperie.

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24 nov. 2012
Ian Mc Ewan FOLIO